Au cœur du domaine informatique, la cybersécurité constitue une discipline qui exige des tests approfondis et une maîtrise avancée du développement technologique pour une prise en charge efficace. Dans une société en perpétuelle évolution et de plus en plus dépendante du numérique, la préservation des données et la sauvegarde du “big data” nécessitent des systèmes d’exploitation et des protocoles de sécurité spécifiques.
C’est ici que le hacking éthique, également appelé piratage éthique, entre en jeu. Il est important de noter qu’une formation spécialisée ainsi qu’un cadre bien défini sont requis pour respecter les normes professionnelles de cette activité souvent controversée.
[powerkit_toc title=”Sommaire” depth=”2″ min_count=”4″ min_characters=”1000″ btn_hide=”false” default_state=”expanded”]
Qu’est-ce que le hacking éthique ?
Le hacking éthique, en tant qu’une branche du domaine numérique, s’inscrit dans le cadre de la sécurité informatique. Il englobe des techniques visant à exploiter les failles et les vulnérabilités d’un système.
Bien que le hacking soit généralement perçu comme une activité clandestine et risquée, impliquant le vol de données, le hacking éthique se distingue en étant légal et non malveillant. Les hackers éthiques, également appelés “white hats”, sont autorisés à accéder à des réseaux afin de découvrir et de renforcer les éventuelles vulnérabilités.
À l’inverse, les hackers “black hats” agissent de manière détournée et nuisible. Malgré ces différences, la méthode de fonctionnement demeure similaire, le hacker éthique contourne les mesures de sécurité pour identifier les failles et les points faibles du système, tout en respectant les règles élémentaires.
Les missions du hacker éthique
Le hacker éthique assure au cours de ses simulations des missions comme :
1. Identifier les mauvaises configurations de sécurité
Il s’agit de mauvaises tenues de protocole de sécurité standard, dont l’absence de chiffrement de fichiers, la mauvaise configuration d’applications web, la conservation d’identifiants par défaut, ou encore la non-sécurisation des appareils pouvant conduire à des pertes incommensurables de données sensibles et stratégiques.
2. Faire des scans de vulnérabilités
Cette mission consiste à faire une cartographie des réseaux d’un système donné, et de classer chaque réseau selon son degré d’importance. Ce qui permettra au hacker éthique de localiser efficacement les failles de sécurité critiques pour les cas d’attaque indirecte. Deux sortes de scans pourront être nécessaires à déployer :
- Un scan interne pour identifier toute faille système présente dans un réseau local,
- Un scan externe pour analyser les serveurs et les services internet auxquels s’expose un réseau.
3. Empêcher l’exposition de données sensibles
Ici, les données sensibles font référence aux coordonnées bancaires, aux mots de passe, aux coordonnées personnelles, ou de partenaires commerciaux, ou de clients, etc. Puisque ces données sont de nos jours happées à des fins commerciales, indésirables, voire pire, les entreprises et même certains particuliers se doivent de les protéger en les soumettant à des certificats SSL/TLS.
En sa qualité de maitre de chantier, et d’expert, le hacker éthique réalise des pentests ou tests d’intrusion pour identifier cet autre type de faille, et documenter le mode opératoire de potentielles attaques.
4. Vérifier les failles d’authentification
Le hacker éthique se charge aussi de la vérification des systèmes d’authentification. Il peut ainsi contrecarrer le vol de mots de passe et d’autres informations liées aux comptes utilisateurs en suggérant par exemple :
- Le contrôle de la durée de session du site web de l’entreprise
- La déconnexion des utilisateurs après la durée prédéfinie pour prévenir le risque de détournement de session,
- La mise en place d’un certificat d’appareils IOT pour sécuriser le chiffrement des données, et pour protéger les équipements
- L’utilisation d’un bon logiciel VPN sécurisé pour empêcher le transfert de données d’un serveur à un autre sur un réseau privé.
Être hacker éthique, et son lot de responsabilité
Ce métier du numérique nécessite de la part de celui ou de celle qui le pratique un sens aigu de la discipline et un respect draconien d’un code de conduite pour éviter les dérapages. Puisqu’il s’agit de la gestion et de l’évaluation de la sécurité d’une entreprise, il lui faudra, outre se soumettre à une procédure d’accréditation scrupuleuse :
- Documenter sa méthode de travail pour identifier les vulnérabilités potentielles à communiquer aux dirigeants de l’entreprise en question,
- Signer un accord de confidentialité et traiter toutes les informations issues de l’entreprise avec une prudence méticuleuse,
- Signaler immédiatement toute violation de sécurité à l’entreprise,
- Effacer toutes les traces de tests de vulnérabilité pour éviter que son travail préalablement fait ne se retourne contre lui, ou contre la société qui l’a engagé.
Les compétences nécessaires pour le hacking éthique
Toute personne désireuse de faire de ce métier sa profession doit avoir de solides compétences informatiques et être quasiment incollable en matière de cybersécurité. Surtout en ce qui concerne les points comme :
- La capacité de compréhension des menaces,
- La capacité d’exploitation des sources ouvertes de manière sécurisée,
- La mise en place de plans de veille,
- La détection, la qualification et l’analyse d’informations pertinentes,
- Le droit et les réglementations de la cybersécurité en vigueur.
De plus, il lui faut aussi des qualités humaines pour interagir avec ses employeurs. Il doit rester dans le domaine du légal, être curieux, dynamique et réactif. Il doit aussi savoir faire preuve de créativité, se rendre disponible. Accepter le sens de la discrétion et être le plus loyal possible. Et enfin, aimer le travail en équipe, et le gout du défi.
Les meilleurs systèmes d’exploitation pour exercer le hacking éthique
Les distributions de systèmes d’exploitation pour exercer le hacking éthique sont généralement Open Source pour permettre au professionnel d’entrevoir ce que les autres ne voient pas.
La rédaction s’est penchée sur le cas de deux distributions SE, à savoir :
- Les distributions Linux
- La distribution Windows
Du fait de sa fonctionnalité open source, Linux fait partie des systèmes d’exploitation sur lequel diverses distributions à code open source se greffent pour aider à l’apprentissage du hacking éthique. Parmi lesquelles :
1. Kali Linux OS

Kali Linux OS est la plus connue des distributions Linux en matière de cybersécurité. Ayant le même système de gestion des paquets que le système Debian, elle contient une large gamme d’outils de sécurité préinstallés comme John the Ripper, Nmap, et Wireshark pour le mappage système, la pénétration et l’analyse support. Elle est dotée de diverses fonctionnalités dont :
- L’accessibilité de l’arborescence git open source, pour reconstruire par exemple des packages selon des besoins spécifiques,
- La conformité FHS pour aider les utilisateurs à localiser facilement tout type de fichiers,
- Le noyau personnalisé,
- Un environnement sécurisé du fait que Kali Linux OS est développée par un très petit groupe de personnes, ce qui peut faciliter la validation des packages sous plusieurs protocoles sécurisés,
- La prise en charge multilingue, pour optimiser l’expérience des utilisateurs, peu importe leur langue maternelle,
- Les packages et référentiels GPG, puisque chaque package de kali Linux est sous la responsabilité d’un développeur individuel, appuyé par des référentiels qui signent aussi les packages,
- La prise en charge des systèmes ARMEL et ARMHF pour les processeurs.
De plus, Kali Linux est gratuit, complètement personnalisable, et figure en tête de gondole pour les professionnels en tests d’intrusion et ceux qui comptent le devenir.
2. Debian

Deuxième de la liste des distributions sous Linux, Debian représente une valeur sûre du fait de sa stabilité de configuration sur une large gamme d’appareils. En effet, elle offre des mises à jour régulières pour la durée de vie des paquets ainsi qu’une configuration par défaut correcte.
En ce qui concerne le hacking éthique qui implique les tests d’intrusion et l’exploitation de données pour les développeurs et les experts en cybersécurité, Debian prend en charge de multiples architectures de processeur, dont l’AMD 64, i386, ainsi que plusieurs types d’ARM.
Elle contient aussi un système de suivi de bugs accessible au public, ainsi qu’une charte pour définir la manière de développer un paquet afin d’être admis dans la distribution. Elle est livrée avec des outils de sécurité efficaces préinstallés tels que Clam AV, App Armor, et SELinux.
3. Parrot Security OS

La particularité de Parrot Security OS, outre son affiliation à Linux, provient du fait que :
- C’est une distribution à 700 outils de tests de sécurité environ,
- Son noyau est optimisé pour le mode image en direct,
- Elle contient des outils pour le travail anonyme sur le réseau internet comme Tor,
- Elle permet d’utiliser des machines virtuelles afin de tester plusieurs scénarios de menace tout en restant à couvert,
- Elle permet l’infiltration des réseaux sans fil, pour tester la sécurité de ces réseaux,
- Sa large gamme d’outils de tests permet l’analyse des bugs et des vulnérabilités et l’analyse de la sécurité des données dans les applications Web.
4. NodeZero

NodeZero est un système d’exploitation spécialisé dans la prévention et la gestion des attaques cybernétiques. C’est une autre forme de distribution, disponible en SaaS, dont les spécificités sont les suivantes :
- Elle nécessite une souscription pour une période donnée et n’est donc pas achetée,
- L’accès se fait via un navigateur web depuis n’importe quel appareil, pas besoin d’installation,
- C’est une application multi-utilisateur, avec gestion centralisée du fournisseur en charge de la maintenance et des mises à jour.
En tant que logiciel testeur d’intrusion, NodeZero fait partie des meilleurs SE pour hackers, parce qu’il permet de corriger de manière proactive les vecteurs d’attaque quelles que soient leurs provenances.
Pour qu’il puisse fonctionner efficacement vous devez :
- Vous connecter et personnaliser votre pentest interne ou externe,
- Copier et coller le script NodeZero dans votre réseau local,
- Laisser NodeZero faire les tests d’intrusion nécessaires pour déceler les informations d’identification faibles, les erreurs de configuration dangereuses et les vulnérabilités non corrigées dans un environnement sécurisé,
- Et passer en revue les résultats collectés suite aux différents tests.
5. Backbox

Dans l’univers du hacking explicite, Backbox est aussi une valeur sûre à l’exemple des distributions sous Linux précédemment citées. De la myriade d’outils de tests d’intrusion qu’il possède, on peut citer Metasploit, Air crack, Ettercap, et la boite à outils d’ingénierie sociale.
Dans son utilisation, il se révèle particulièrement personnalisable, avec une grande réactivité et une performance digne des systèmes d’exploitation préférés des hackers et autres pirates informatiques. Le gestionnaire de fenêtres léger Xfce est l’application qui gère cette personnalisation. Grâce à une communauté alerte, les réglages et les mises à jour concernant ses packages sont assidument suivis.
Sa palette d’outils lui permet d’atteindre divers objectifs dont :
- L’analyse d’applications Web,
- L’analyse de réseau,
- Les tests de résistance,
- Le reniflage,
- L’évaluation de la vulnérabilité,
- L’analyse médico-légale informatique.
Son noyau de référentiel Launchpad lui procure une partie de la puissance qu’il lui faut pour réaliser ses missions. De ce fait, les experts le mettent souvent à jour vers la dernière version stable des outils de piratage éthique les plus connus et les plus utilisés. La communauté open source se dédie aussi à toutes les opérations quant à l’intégration et le développement de nouveaux outils dans la distribution.
Diverses catégories de Backbox Linux existent en fonction des besoins des hackers. On peut donc citer :
- La collecte d’informations,
- L’exploitation de données,
- L’escalade des privilèges,
- Le maintien des accès,
- L’ingénierie inverse,
- L’ingénierie sociale,
- Les analyses VoIP et sans fil.
Windows en tant que distribution système d’exploitation pour exercer le hacking éthique ?
Il existe des raisons pour lesquelles le traditionnel Windows ne dispose des prérequis pour permettre le hacking, éthique ou non.
Contrairement à Linux, qui est un système libre et flexible, Windows est un système grand public avec une limite d’accès aux codes. Les developpeurs ne peuvent donc pas manipuler les codes à cause de protections préétablies. Par conséquent, il n’a pas de prédispositions pour des tests de sécurité.
Aussi, il n’y a pas d’outils de piratage préinstallé, bien que vous ayez la possibilité de procéder à leur installation sur Windows, de manière individuelle. Et compte tenu de l’environnement spécifique auquel l’apprentissage et l’exercice du piratage éthique doivent se conformer, Windows est un système d’exploitation sous lequel le hacking peut exposer à des failles de sécurité, ou à des logiciels malveillants, pouvant entrainer des pertes de données.
Enfin, le hacking éthique ne s’exerce et ne s’apprend que sous une communauté bien établie. Ce n’est pas le cas des utilisateurs isolés de Windows.