Google, Yahoo, PayPal, Apple, Nike,etc. Elles sont nombreuses ces grandes entreprises qui ont changé de nom quelques années après leur création. En effet, dans le monde des affaires, un nom peut tout changer. Il incarne l’identité d’une marque, influence la perception du public, et peut devenir un atout stratégique décisif. Pourtant, nombreuses sont les entreprises qui ont changé de nom au fil du temps, parfois dans l’ombre, parfois sous les projecteurs. Ce changement, souvent perçu comme risqué, est en réalité bien plus fréquent qu’on ne le pense et il est souvent le reflet d’une transformation profonde : repositionnement sur un marché, évolution des produits, internationalisation, ou encore volonté d’effacer un passé encombrant.
Derrière chaque nouveau nom se cache une histoire. Certaines sont inattendues, d’autres brillamment calculées. Ce qui est certain, c’est que ces décisions ont marqué un tournant dans la trajectoire de ces entreprises devenues très célèbres. Qu’il s’agisse de sociétés technologiques, de géants de l’industrie ou d’acteurs du quotidien, ces entreprises qui ont changé de nom ont toutes une histoire qu’il faut connaître et nous avons décide vous la raconter.
10 grandes entreprises qui ont changé de nom pour devenir des marques à succès
Voici 10 marques de différents secteurs qui ont changé de nom après leur création.
1. Google
Avant de devenir le moteur de recherche le plus puissant du monde, Google s’appelait… BackRub. Oui, tu as bien lu. En 1996, Larry Page et Sergey Brin, deux étudiants de Stanford, développent un moteur capable d’analyser les backlinks pour évaluer la pertinence des pages web. D’où le nom “BackRub”, qui fait référence à l’« analyse des liens entrants ». Mais bon, avoue que “Tu as BackRubbé ça ?” n’a pas le même style. En 1997, les deux compères optent pour un nom plus marquant : Google, une variante de “googol”, un terme mathématique désignant le chiffre 1 suivi de 100 zéros. Un clin d’œil à leur ambition : organiser une quantité titanesque d’informations.
2. Apple
À l’origine, Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne ont failli baptiser leur entreprise “Apple Computer Company” sous un autre nom plus technique mais surtout plus barbant. Plusieurs idées tournaient autour de l’informatique et de la technologie, comme “Matrix Electronics” ou encore “Executek”, mais aucune ne sonnait vraiment bien aux oreilles de Jobs.
Grand amateur de pommes (le fruit hein, pas déjà le logo), il venait de passer du temps dans une ferme bio appelée “Apple Orchard”. Un nom frais, accessible, un peu rebelle dans un univers alors dominé par des géants comme IBM ou Xerox. Steve déclare :
“Si personne ne propose mieux d’ici ce soir, on l’appelle Apple.”
Et bim. Apple est né le 1er avril 1976 (aucune blague), avec une vision : rendre l’informatique aussi simple et naturelle qu’un fruit. Le mot “Computer” sera finalement abandonné en 2007 pour refléter l’élargissement de la marque : iPod, iPhone, iPad, iTout. Une pomme croquée devenue symbole de désir, d’innovation et de produits pas donnés.
3. Blackberry
Avant que ton boss de 2009 ne t’envoie des mails à minuit depuis son téléphone, BlackBerry s’appelait Research In Motion (RIM). Fondée en 1984 par deux Canadiens, Mike Lazaridis et Douglas Fregin, la société développait au départ des technologies sans fil et des pagers, la préhistoire du SMS, en gros. Le virage vers les smartphones arrive à la fin des années 90. Leur invention ? Un petit appareil avec clavier physique intégré, mail en push, sécurité renforcée, les pros en tombent amoureux. En 1999, RIM lance le tout premier BlackBerry.
Pourquoi ce nom ? Parce que le clavier du téléphone, avec ses petites touches noires, faisait penser aux pépins d’une mûre (blackberry). Oui, c’est aussi simple que ça. Le succès est retentissant : Obama en est fan, les cadres aussi, et même Beyoncé en a un doré. En 2013, RIM tire un trait sur son nom originel et devient officiellement BlackBerry, histoire d’aligner l’image avec le produit culte.
La suite est plus amère. iPhone, Android et les écrans tactiles mettent un coup fatal à la mûre canadienne. Mais dans l’histoire des rebrandings qui ont marqué leur époque, BlackBerry reste une masterclass de marketing fruité.
4. PepsiCo
Avant d’inonder la planète de chips, de sodas et de publicités survitaminées, PepsiCo tire ses racines d’un tout autre univers : la pharmacie. En 1893, Caleb Bradham, pharmacien de son état, crée une boisson gazeuse censée faciliter la digestion et redonner de l’énergie. Il l’appelle sobrement… “Brad’s Drink”. Très branding, on sent l’inspiration. Cinq ans plus tard, pour donner une allure plus scientifique (et commerciale) à sa mixture, il la rebaptise Pepsi-Cola. Le nom fait référence à la pepsine, une enzyme digestive, et à la dyspepsie (les troubles digestifs), que la boisson prétendait soulager. Ironique pour un soda, non ?
Le succès est progressif, mais l’histoire n’est pas un long fleuve pétillant. L’entreprise fait faillite deux fois avant d’être relancée avec brio. En 1965, le groupe fusionne avec Frito-Lay, célèbre pour ses snacks, et devient PepsiCo, une multinationale qui réunit désormais des marques comme Lay’s, Tropicana, Quaker ou encore Gatorade. Aujourd’hui, PepsiCo, ce n’est plus juste un concurrent de Coca. C’est un gouvernement alimentaire parallèle, capable de s’inviter à tous les apéros et pauses déj’ du monde entier.
5. Sony
À ses débuts en 1946, Sony portait un nom à rallonge digne d’un laboratoire gouvernemental : Tokyo Tsushin Kogyo, soit « Compagnie de Télécommunications de Tokyo ». Très technique, très sérieux et surtout très difficile à prononcer en dehors du Japon. L’entreprise, fondée par Masaru Ibuka et Akio Morita, bricole alors des radios, puis le premier magnétophone du pays. Mais quand vient le temps de conquérir l’international, il faut un nom plus court, mémorable et surtout prononçable partout.
Le choix se porte sur Sony, un mix entre “sonus” (mot latin pour “son”) et “sonny”, un terme affectueux en anglais désignant un jeune garçon. Un nom court, moderne, qui claque à l’oreille comme une intro de PlayStation. Le changement devient officiel en 1958. Sony deviendra par la suite un géant mondial, lançant des produits cultes comme le Walkman, la PlayStation, et des innovations dans l’image, le son, le cinéma, la musique, et même la robotique.
6. Nike
Avant d’envahir les terrains, les podiums et les stories Instagram, Nike s’appelait… Blue Ribbon Sports (BRS pour les intimes). Fondée en 1964 par Phil Knight, un coureur passionné, et Bill Bowerman, son coach d’athlétisme, l’entreprise commence comme simple distributeur de chaussures japonaises Onitsuka Tiger (l’ancêtre d’ASICS). Mais à force de distribuer les produits des autres, l’envie de créer leur propre marque grandit. En 1971, rupture avec le fournisseur japonais. Place à une nouvelle identité. Le nom “Dimension 6” est proposé par Phil Knight (heureusement rejeté). Le choix final ? Nike, déesse grecque de la victoire.
Court, fort, inspirant. Un nom qui dit déjà tout sur la philosophie de la marque : aller vite, frapper fort, gagner. Le logo ? Ce fameux Swoosh, dessiné pour 35 dollars par une étudiante en design. La légende est en marche. Aujourd’hui, Nike ne vend pas que des baskets. Elle vend un lifestyle, une culture et surtout des slogans qui claquent : Just Do It. Un nom de déesse pour une marque divine dans le monde du sport.
7. Firefox
Avant que Firefox ne devienne le navigateur préféré des geeks (et des anti-Google Chrome convaincus), il portait un autre nom mythique : Phoenix. Un symbole de renaissance pour le projet né des cendres de Netscape Navigator, autrefois roi d’Internet. Le souci ? Le nom Phoenix était déjà déposé par une autre entreprise tech. Obligation de revoir la copie. Le projet devient brièvement Firebird, mais rebelote : une base de données open source porte déjà ce nom. Niveau copyright, ambiance embouteillage.
En 2004, l’équipe opte donc pour Firefox. Un nom qui évoque la rapidité, la chaleur, la fougue… et qui, contrairement aux apparences, ne fait pas référence à un renard classique, mais au panda roux (surnommé “fire fox” en anglais). D’où la mascotte mi-renard mi-boule de feu qui s’enroule autour du globe. Avec ce nouveau nom, Firefox devient rapidement une alternative libre à Internet Explorer, séduit par sa rapidité, sa légèreté et son respect de la vie privée. Il ouvre la voie à un web plus libre, plus ouvert, et surtout moins monopolisé.
8. PayPal
A sa crétation, PayPal portait un nom bien moins sexy : Confinity. Créée en 1998 par Max Levchin, Peter Thiel et Luke Nosek, l’entreprise développe au départ un système de transfert d’argent entre PDA (oui, les assistants personnels, les ancêtres des smartphones). Autant dire : un marché de niche. Parallèlement, un certain Elon Musk lance X.com, une plateforme bancaire en ligne un peu trop en avance sur son temps… mais au branding aussi flou qu’angoissant (spoiler : les gens ne font pas facilement confiance à un site qui s’appelle juste “X”).
En 2000, fusion des deux boîtes. X.com absorbe Confinity, mais le nom pose problème. Trop impersonnel, trop mystérieux, limite louche. Elon Musk y tenait, mais le reste de l’équipe mise sur un nom plus convivial, plus clair, plus “copain” : PayPal. Un mix parfait entre “pay” (payer) et “pal” (pote). L’idée ? Rendre les transactions en ligne simples, amicales et accessibles à tous. Le nom est adopté, la marque explose, et eBay l’intègre rapidement à son écosystème avant de l’introduire en bourse.
9. Subway
En 1965, Fred DeLuca, un étudiant fauché de 17 ans, cherche un moyen de financer ses études de médecine. Son ami Peter Buck, un physicien nucléaire (rien que ça), lui propose un prêt de 1 000 dollars pour ouvrir un petit resto de sandwiches. Le nom ? Pete’s Super Submarines. Oui, au départ, Subway s’appelait comme ça. Pas super pratique à prononcer à la radio : “Pete’s Subs” sonnait comme “Pizza Subs” à l’oreille des clients. Confusion, branding bancal… il fallait changer.
En 1968, le duo revoit sa copie et opte pour un nom simple, clair et urbain : Subway. L’idée derrière ? Associer les sandwiches “subs” (abréviation de “submarines”) à une image moderne, rapide, comme un métro qui t’emmène là où tu veux, vite et bien. Et surtout : facilement mémorisable dans n’importe quelle langue. Le reste, c’est une success story à la mayonnaise : des milliers de franchises dans le monde, une offre personnalisable à souhait et un slogan devenu culte : Eat Fresh.
10. Yahoo
Yahoo avait un nom assez long et disons-le, peu commercial : « Jerry and David’s Guide to the World Wide Web ». Ce nom, aussi explicite que maladroit, reflétait parfaitement l’époque pionnière du web et l’esprit universitaire dans lequel le projet est né. En 1994, deux étudiants de l’université Stanford, Jerry Yang et David Filo, créent un annuaire de sites web pour aider les internautes à naviguer dans l’immensité croissante du World Wide Web. Leur idée simple mais utile attire rapidement l’attention.
Conscients que leur projet pouvait avoir une portée bien plus large, Jerry et David décident de professionnaliser leur guide. Mais pour cela, il fallait un nom court, percutant et surtout mémorable. Ils optent pour Yahoo, un acronyme humoristique de “Yet Another Hierarchically Organized Oracle” (encore un autre oracle hiérarchiquement organisé), en clin d’œil à la structure de leur annuaire. Mais ce choix allait bien au-delà de la simple blague geek : le mot « Yahoo » évoque aussi un personnage grossier et sauvage du roman Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, une image que les deux fondateurs ont trouvée amusante et décalée.
En 1995, Yahoo devient une entreprise officiellement enregistrée. Le changement de nom symbolise le passage d’un projet universitaire à une startup technologique ambitieuse. Rapidement, Yahoo se transforme en un portail web central proposant moteur de recherche, actualités, e-mail, finance, et divertissement. À la fin des années 1990, Yahoo est l’un des sites les plus visités au monde et l’une des premières entreprises Internet cotées en bourse.
Mais derrière ce nom simple se cache une entreprise qui a dû s’adapter à des vagues de transformations technologiques majeures. Yahoo a connu des hauts spectaculaires et des bas critiques, notamment face à la montée en puissance de Google, Facebook et d’autres géants du numérique. Malgré tout, son nom est resté un symbole durable de l’époque pionnière du web.
En 2017, après plusieurs années de déclin, Yahoo est racheté par Verizon Communications. L’entité fusionnée qui regroupe AOL et Yahoo est brièvement renommée Oath, puis Verizon Media, avant d’être revendue en 2021 à Apollo Global Management. Mais même si la société change de main, le nom Yahoo reste intact, preuve de sa puissance symbolique et de sa reconnaissance mondiale.
Voici notre liste des 10 entreprises qui ont changé de nom après leur création.